Le contenu de ce blog est le reflet de mon cheminement dans la pratique de la pédagogie Montessori et n'engage que moi.
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jeudi 9 février 2017

L'apport de Danièle Dumont au cursus Montessori en écriture.

Depuis le temps que cet article cogite dans ma tête et que j'ai promis que j'allais l'écrire, le voilà enfin!



Lors de ma formation, le cursus d'apprentissage de l'écriture nous a été présenté sous le nom de calligraphie. Un premier point sur lequel j'aurai l'occasion de revenir.
Pour faire simple, l'acquisition de l'écriture passe par une longue phase de préparation de l'œil et de la main grâce aux activités de vie pratique et sensorielle (j'avais détaillé cela dans un long article du précédent blog qui a disparu, je vais voir si je peux remettre la main dessus).
Ensuite, quand la main est prête, on présente les lettres rugueuses à l'enfant. Quand il les a bien touchées, il s'exerce à écrire les lettres sur de grandes ardoises dont les lignes se resserrent progressivement puis sur du papier dont la réglure diminue régulièrement elle aussi jusqu'à atteindre la réglure Sieyès normalisée.
Pour passer des lettres isolées aux mots, il suffit "de montrer comment attacher les lettres" dixit ma formatrice de l'époque.

Bref, tout cela me semblait simple, logique et Mara Montessori parlait tellement de la beauté de l'écriture des enfants dans ses livres que je ne doutais pas un seul instant que nos élèves écriraient sans difficulté.

Lorsque Clémence arriva dans cet apprentissage, elle était très jeune, avait toujours montré peu de patience pour les activités graphiques, notamment le coloriage. Bref, un profil d'enfant rapide qui est souvent en froid avec sa main qui ne mature pas aussi vite que son cerveau... Je ne tirais donc pas de conclusions hâtives de sa difficulté.

les débuts de Clémence dans l'écriture, pas très convaincants...


Mais lorsque nous eûmes le recul de 3 ans d'école, Aude et moi dûmes nous rendre à l'évidence: ou bien nous avions loupé quelque chose d'important, ou bien la méthode laissait à désirer.

Par chance, à ce moment-là, je commençais à découvrir les cahiers de Danièle Dumont et j'avais entendu grand bien de son livre: Le geste d'écriture.
Edit du 9/03/17: Suite au commentaire de Danièle Dumont elle-même, je précise qu'elle n'est pas graphothérapeute même si elle a proposé de la ré-éducation avec se méthode.



Je l'ai acheté à l'époque et il nous a bien servi. Quand j'ai voulu écrire cet article, j'ai cherché le livre et je ne l'ai pas trouvé dans ma bibliothèque. Je l'ai donc racheté et il s'agit déjà de la 3ème ré-édition de ce livre que l'auteur remanie régulièrement à la lumière des expérimentations menées dans des classes. Cette 3ème édition est d'ailleurs plus aérée et plus documentée des photographies et schémas, ce qui la rend encore plus agréable à lire.

La lecture de Danièle Dumont a été une révélation et a confirmé plusieurs points faibles que je commençais à soupçonner dans la progression qui m'avait été transmise.


I. Ecrire n'est pas calligraphier

La première chose tient au terme même de calligraphie. Danièle Dumont parle d'écriture et souhaite qu'on ne parle pas de calligraphie. En effet, écrire suppose un acte de communication. C'est mettre en code écrit ses pensées ou ses paroles, pour soi ou pour les autres. L'écriture doit donc être un outil au service de la pensée. Elle doit pouvoir répondre fidèlement et facilement, dans un geste fluide ne demandant qu'un minimum d'effort. Lorsqu'on écrit, l'essentiel de l'attention doit pouvoir se porter sur le fond de ce qu'on écrit et sur l'orthographe et non sur le geste scripteur. La calligraphie, au contraire recherche la beauté de l'écriture pour elle-même, c'est une activité différente. Elle peut être intéressante, mais les buts et les gestes seront différents.

Danièle Dumont insiste sur le fait que l'enfant doit entrer avec plaisir dans l'écriture. Elle dit: "l'envie d'apprendre se renforce avec le plaisir qu'y prend l'enfant. Pour qu'il ne reste pas stérile et que, au contraire, il se développe, le plaisir d'écrire ne saurait se départir de l'existence d'un véritable objectif. Pour que ce plaisir perdure et fructifie (...) l'entant doit donc, dès l'entrée dans l'écrit, avoir une claire conscience qu'on n'écrit pas pour tracer des lettres mais pour produire du sens."

Cet objectif de sens est important au sens que - justement - l'écriture ne pourra se confondre avec la reproduction d'un dessin de forme, ce vers quoi tend la calligraphie. Vous pouvez en effet très bien vous entraîner à calligraphier des signes japonais, chinois ou arabes sans rien comprendre de leur sens.
Pour bien conduire l'apprentissage de l'écriture, il faut avoir en tête que c'est un processus complexe qui met en jeu à la fois des compétences kinesthésiques (le mouvement des doigts pour que le crayon suive une trajectoire qui forme les lettres) et des compétences intellectuelles (penser au sens de ce qu'on écrit, au découpages en mots, à l'orthographe des mots...).

Danièle Dumont écrit: "L'objectif est de libérer l'esprit de l'effort de concentration sur la trace écrite afin qu'il puisse appliquer son attention au sens de l'écrit au fur et à mesure qu'il le produit. Ce processus peut être modélisé. Tandis qu'un modèle renvoie à un dessin des formes à produire, une modélisation énonce les étapes de la façon de s'y prendre pour aboutir à l'écriture. Parmi ces étapes (...) figurent bien la formation des lettres mais vue sous l'angle du mouvement qui les forme et non sous celui des formes à reproduire. Cette remarque laisse entendre que l'apprentissage de l'écriture sera tributaire d'activités préparatoires mettant en place le mouvement à faire pour que les formes soient adaptées."

II. Qu'est-ce que l'écriture?

Dans le chapitre 4 de son ouvrage, Danièle Dumont différencie l'aspect de l'écriture avec la compétence de l'enfant à écrire. Un enfant peut produire un écrit très joli à voir, si cela lui demande un temps trop long ou lui cause de la souffrance physique, c'est qu'il n'a pas encore acquis la compétence de l'écriture.
Elle définit un peu plus loin ce qu'est l'écriture: "l'écriture est un procès (c'est à dire, pour faire simple, quelque chose qui se passe et dont on peut rendre compte par un verbe, écrire, un nom, écriture, éventuellement un adjectif, écrit.) En conséquence, on est autorisé à l'envisager sous deux aspects:
1. le produit fini visible sur le support
2. L'acte d'écriture en cours de réalisation."

L'acte d'écrire suppose un mouvement mais pas seulement. Elle distingue 2 grands types de compétences:

- la gestion statique de l'espace graphique
Sous ce vocable, elle désigne le fait que les lettres entretiennent un rapport de taille entre elles, que l'écriture se déroule de gauche à droite, que les lettres sont régulièrement espacées dans le mots et les mots espacés entre eux avec un autre espace, que l'axe des lettres est vertical.
Ces caractéristiques forment un ensemble de contingences spatiales que l'on peut retrouver ailleurs que dans l'écriture, par exemple, quand on met les assiettes sur la table ou qu'on repique des semis au jardin.
Elle explique que la gestion des ces consignes est statique  car "ce n'est pas le geste qui les produit. (...) Ce n'est pas le geste qui gère l'espace mais la conception que [les enfants] en ont."

- la gestion dynamique de l'espace graphique
Il s'agit tout simplement de la manière dont les gestes des doigts vont générer les formes des lettres.

Dans la méthode de Danièle Dumont comme dans la méthode Montessori, la préparation à ses 2 aspects de l'écriture est dissociée. Les deux méthodes partagent également  cette caractéristique que "l'ensemble des activités préparatoires à l'écriture se fait hors écriture" et que "chaque composante du système peut être travaillé à part."

III La gestion statique: une compétence déjà bien préparée en Montessori

Il faut reconnaître que la préparation indirecte à l'écriture est très présente dans la méthode Montessori. L'ensemble des activités de vie pratique a toujours cet objectif indirect de préparation à l'écriture, de même qu'un certain nombre d'activités sensorielles.
Dans l'article que je vais essayer de retrouver, je détaillais longuement les points travaillés par telle ou telle activité pour l'acquisition future de l'écriture.
Pour résumer, je pourrais dire que bon nombre d'activités permettent de muscler et assouplir la main et le poignet, de travailler la tenue du crayon, d'affiner la précision du geste, de contrôler la pression de la main sur la table et surtout d'induire le sens de l'écriture et du démarrage de la boucle (1ère forme de base de l'écriture).

Enrichir la proposition montessorienne avec les propositions de Danièle Dumont me paraît très intéressant. En effet, elle propose un certain nombre d'activités très simples à mettre en place qui permettent notamment de travailler la compétence de l'espacement régulier et de l'alignement. Cela va de la proposition de réaliser des alignement avec des collections de petits objets en commençant à gauche et en allant à droite à l'alignement de plots lors de séances de motricité avec les enfants en passant par des collages de gommettes ou de la peinture à doigt.

Exemple d'exercices d'alignements (source)
Pour l'encodage de la boucle, une série d'exercices dans l'espace, notamment avec des foulards, des chansons et un jeu de hockey permet de systématiser ce qui ne reste dans la progression Montessori qu'une imprégnation. En effet, si nous montrons toutes nos présentations dans le sens de l'écriture, nous n'intervenons pas si l'enfant commence de l'autre côté. La série d'exercices très ludiques de Danièle Dumont, réalisables en groupe entier ou en petits groupe, permet d'être sûr que les enfants vont bien tous encoder le bon geste dans le bon sens.

Parallèlement à ces compétences, la progression de Danièle Dumont propose un travail autour du schéma corporel, de la latéralisation et de la tenue du crayon qui gagne vraiment à être connu.
On y apprend notamment qu'un certains nombre d'enfants peuvent être pris pour des gauchers lorsqu'on leur propose des feutres très tôt. Ils vont saisir le capuchon avec leur main dominante pour l'enlever et se retrouver avec le corps du feutre dans la main gauche. Si certains changent spontanément de main, d'autre dont la dominance n'est pas nettement affirmé, vont se mettre à utiliser le feutre de la main gauche et prendre l'habitude de saisir les outils d'écriture et de dessin avec cette main.
Cette remarque ne peut que nous conforter dans notre démarche montessorienne de ne pas proposer de crayons ou de feutres aux enfants qui n'ont pas encore suffisamment préparé leur main.

Aude avait mis en place une progression autour de la tenue du crayon basée sur la connaissance des doigts de la main et de comptines tirée de Danièle Dumont avant de montrer beaucoup plus explicitement qu'avant la tenue du crayon, notamment pour l'exercice des formes à dessin. Les résultats ont été concluants.

IV La gestion dynamique: une progression à repenser en Montessori

Lorsqu'on débute en Montessori, on est généralement séduit par les lettres rugueuses qui offrent le double avantage d'aider à la mémorisation et de préparer à l'écriture des lettres.
Effectivement, elles sont indéniablement un très bon outil. Mais, ce qui me pose problème, maintenant que je me suis plongée et replongée dans la lecture de Danièle Dumont, c'est la manière dont est présentée l'écriture suite aux lettres rugueuses.

L'écriture dans le sable

Dans ma formation, le passage à l'écriture dans le sable n'était pas présenté et on nous indiquait de le faire avec un bâtonnet si on tenait à cette étape. Pourtant, suite à ma lecture du "geste d'écriture", j'ai proposé à Aude que nous gardions l'écriture dans le sable plutôt avec les doigts seuls.
L'écriture dans le sable devient alors un contrôle de l'erreur par rapport au geste mémorisé par le toucher des lettres rugueuses. Cette étape me semble similaire à ce que nous faisons avec les cylindres en sensoriel: d'abord l'enfant ordonne les cylindres dans les blocs qui constituent un contrôle très fort de l'erreur. Puis il utilise les cylindre colorés pour lesquels seul l'œil constitue le contrôle.



Avec les lettres, le cheminement est le même: d'abord l'enfant touche les lettres rugueuses et le rugueux constitue le contrôle, ensuite l'enfant effectue le même mouvement mais dans le sable et c'est l'œil qui observe la trace qui juge si le tracé mémorisé est bien le bon en comparant la forme obtenue avec celle de la lettre rugueuse et/ou qu'il a gardé en mémoire visuelle.
Comme dans les cylindres, entre les deux, on peut inclure une étape de travail les yeux fermés: l'enfant touche la lettre les yeux fermés, autrement dit, il s'entraîne à faire le geste par lui-même sans être guidé par son œil, mais le rugueux continue encore un contrôle par le toucher. C'est donc une étape intermédiaire.
Pour les raisons que je vais développer dans la prochaine partie, l'écriture dans le sable à l'aide d'un bâtonnet ne me paraît pas très pertinente.

Les ardoises

La suite de la progression montessorienne fait tracer à l'enfant les lettres à la craie sur une ardoise. Dans mon cursus de formation, la 1ère ardoise est une ardoise lignée de telle sorte que la taille de la lettre tracée soit rigoureusement la même que la taille de la lettre rugueuse.



Ensuite, progressivement, on va diminuer la taille du lignage par 2 puis passer sur papier avec un lignage encore divisé par deux et réduire encore 2 ou 3 fois jusqu'à atteindre le lignage Sièyes utilisé en France.
C'est ce que j'ai pratiqué avec Clémence puis Pauline au début, jusqu'à ce que je lise Danièle Dumont et que je réalise que c'était une erreur...

premiers cahiers montessoriens avec des lignages démesurés!



Lorsque l'enfant passe à l'ardoise, il a un outil scripteur dans la main. Nous le préparons donc à l'écriture sur le papier. Il nous faut donc nécessairement être cohérent et proposer dès ce moment à l'enfant de faire un geste qui sera celui qu'il devra utiliser dans son écriture courante sur papier.

Comment écrivons-nous? Notre main, posée sans lourdeur sur le support (ainsi que notre avant bras), tient avec trois doigts légèrement fléchis notre crayon. La forme des lettres sera obtenue par le mouvement de ces 3 doigts qui se déplient et se plient selon que le tracé monte ou descend tandis que la main se déplace progressivement et lentement de la gauche vers la droite. (faites-le en relisant, ça deviendra clair ;-) )

Plus les doigts se déplient, plus les lettres sont grandes. Et, de fait, plus les doigts sont grands, plus ils peuvent écrire de grandes lettres dans le mouvement de l'écriture.

Que faut-il en déduire? Que si nous voulons que les enfants s'entraînent sur les ardoises avec le juste geste d'écriture, ils ne peuvent physiquement pas tracer des lettres aussi grosses que celles des lettres rugueuses!

J'ai mesuré mes lettres: une lettre basse comme le "e" mesure 5 cm de haut. Avec mes doigts d'adulte, en tenant un crayon et en faisant le geste juste, j'arrive tout juste à tracer le "e" de la même taille que ma lettre rugueuse. Mon "l", lui mesure 13,5 cm de haut. Je ne peux absolument pas le tracer en faisant un geste juste. Imaginez alors avec une main d'enfant de 4 ou 5 ans!

La réalité, c'est que quand on demande à l'enfant de tracer les lettres à la taille des lettres rugueuses sur l'ardoise lignée, on l'entraîne à faire un geste faux! Il sera obligé de déplacer sa main de bas en haut sur l'ardoise pour y arriver, et bien souvent, il écrira sur l'ardoise sans poser la main ni l'avant-bras, dans un geste qui engage tout le bras, comme lorsqu'il touchait les lettres rugueuses.
En demandant ce travail à l'enfant, on le maintient dans une étape purement sensorielle d'imprégnation de la forme de la lettre et on retarde l'étape de l'écriture, voire on la compromet en donnant l'habitude d'un geste faux avec un outil scripteur.

Ces 2 photos montrent bien comment L. fait des "l" avec tout son bras
Cette photo un peu floue de Pauline montre qu'elle ne pose pas son avant-bras sur l'ardoise.
Sur cette autre photo, on voit bien que la positon de la main de E. n'est pas celle de l'écriture au crayon

Voilà pourquoi il me semble judicieux de ne pas proposer de bâtonnet dans le sable et de ne pas proposer d'ardoise avec des lignages très espacés en hauteur. Une ardoise non lignée et un apprentissage explicite la tenue de la craie sur l'ardoise me semble préférable.

Si l'on souhaite garder un lignage, alors même réduire de la moitié reste trop grand. Un petit interligne d'un centimètre et un espace de 3 cm pour les grandes lettres me semblent un maximum pour les possibilités des petits doigts.
Néanmoins, la craie est un outils pas si facile que cela à gérer. Elle s'avère intéressante car son aspect cassant suppose un contrôle de la tenue de la craie pas trop crispée. Pour éviter le grincement, il faudra  un appui léger. Mais écrire petit à la craie n'est pas facile. Lorsque nous écrivons au tableau en tant qu'enseignant, nous n'utilisons pas le geste d'écriture habituel: nous utilisons toute notre main qui n'est pas posée contre le tableau car nous écrivons à la verticale. Si l'enfant écrit au tableau à la verticale, il n'y a pas de difficulté à ce qu'il écrive en bougeant toute sa main car il s'agit d'une activité très différente. Mais il en va autrement dès qu'il écrit sur un support horizontal.

Au terme de ma réflexion et de mon expérience avec les enfants, le travail à la craie devrait consister plus en écriture sur un tableau, à la verticale. C'est finalement avec un crayon et sur le papier que l'enfant est le mieux à même d'acquérir facilement et rapidement les bons réflexes le menant à une écriture coulante: aisée et bien formée.

De la forme des lettres à l'écriture courante

Au fil de ma lecture du  Geste d'écriture et de mon feuilletage des petits cahiers d'entraînement proposés, j'ai vraiment été séduite par la cohérence de la progression proposée.
Danièle Dumont a en effet longuement étudié les types de mouvements qui donnent leur forme aux lettres manuscrites et elle propose un apprentissage qui part d'une forme de base (la boucle) puis se décline en ajoutant progressivement les autres mouvements de base et leurs variantes.
Tout cet apprentissage est soutenu à la fois par les activités préparatoires détachées de l'acte même de l'écriture (tout ce dont nous avons parlé précédemment sur la gestion statique de l'espace), un enseignement explicite mais ludique de la tenue du crayon ainsi que des exercices destinées à délier les doigts sans écrire et un entraînement à l'écriture fortement lié au sens.

Avant d'aborder la forme des lettres elles-mêmes, Danièle Dumont propose une foule de petits exercices dont la destination est de délier les doigts mais qui peuvent être investis à des fins de dessin. C'est le cas des petits mouvements vifs des doigts de haut en bas qui font tracer des petits traits verticaux et peuvent permettre de tracer de l'herbe, des pattes, de la pluie... 3 mouvements préparatoires (petits traits verticaux, zigzags, "pelotes" ) à eux seuls permettent à l'enfant d'entrer sereinement dans l'écriture.

exercices d'échauffement réalisés par Pauline lors d'une phase de reprise en main de son écriture.

ex d'échauffement ludique avant l'écriture de lettres et de mots dans le cahier 3 de maternelle.

Comme en Montessori, Danièle Dumont n'utilise pas d'exercices de graphisme sous forme de différentes boucles, ponts et autres motifs à reproduire. Ces exercices conduisent bien souvent les enfants à produire des gestes qui ne sont pas dans l'écriture et provoquent des dysgraphies. Ces exercices peuvent éventuellement avoir un intérêt en terme de décor. Ils seront alors à réserver strictement au décoratif et devront être perçus comme tels par les enfants et surtout pas comme une préparation à l'écriture.

D'autre part, au départ, les exercices sont proposés sur une feuille blanche, sans ligne. Il s'agit à l'enfant d'apprendre à gérer son espace statique, autrement dit, de gérer la tenue de la ligne de l'intérieur. Bien qu'étonnée par cette proposition, je dois dire qu'elle représente un grand intérêt pour l'enfant qui doit du coup prendre ses repères internes pour gérer l'horizontalité de son travail. La démarche me semble très montessorienne puisqu'avant de donner l'aide de la ligne, on laisse l'enfant rechercher intérieurement l'horizontalité dans son travail.

Dans le même ordre d'idée, aucun travail sur pointillé ne sera proposé. L'enfant, suffisamment bien préparé par toutes les activités précédentes va se lancer dans ses premiers tracés dans un mouvement personnel et spontané. Bien sûr, ce ne sera pas forcément "parfait", mais cela est bien préférable à un pointillé qui laisse penser qu'il n'y a qu'un seul tracé absolument exact et acceptable. Repasser un modèle en pointillé incite l'enfant à se crisper pour ne pas dépasser et il n'apprend pas à générer un geste fluide et rapide tel qu'on l'attend à l'école primaire. Au contraire, plus l'enfant a du mal avec le geste graphique, plus il contraindra son geste pour qu'il reste sur les pointillés et on obtiendra un tracé  en lignes brisées au lieu d'une ligne cursive fluide.

Actuellement sur le net, on voit fleurir des proposition en lien avec Montessori d'écriture sur des pointillés ou des pistes graphiques. Je pense que ni l'un ni l'autre ne devraient avoir leur place dans un enseignement de l'écriture.


Comme ce que préconise Maria Montessori, c'est la préparation intérieure de l'enfant qui va donner un tracé correct et il ne s'agit pas de fournir un modèle à reproduire à la perfection. Ecrire doit demeurer un mouvement fluide dans lequel le mot est écrit dans la continuité d'un seul mouvement avec le moins possible d'arrêts et de levers du crayon. C'est pourquoi les lettres sont peu travaillées de manière individuelles mais dès le départ insérées dans des mots que l'enfant peut comprendre.
Ainsi le geste de base, la boucle, forme le "e" et, en étirant les doigts, le "l". Les enfants pourront donc immédiatement écrire "le" ou "elle".
En restant sur place, la boucle donne une forme dérivée appelée "étrécie". Une étrécie avec un point formera le "i", deux étrécies sans point un "u".
Ainsi, à l'aide de cette simple forme de base et de sa dérivée, on accédera à l'écriture de il, lui, lu, île...
En faisant une étrécie juste un peu plus grande et en ajoutant une barre, on forme le "t". Et l'enfant peut alors écrire tu, te, été, tête, tuile, lutte, tulle...

exercice d'échauffement à base de lettres en boucles et étrécies groupées

Après ces 5 premières lettres, il faut travailler une nouvelle forme, celle des lettres rondes dont la particularité est de commencer en haut à droite sur la 1ère interligne alors quelles autres lettres commencent toutes en bas à gauche sur la ligne de base.
L'enfant s'entraîne à faire le "c", puis en refermant le cercle, il produit un "o" et en ajoutant une étrécie à un cercle, on obtient un "a" Si l'étrécie monte un peu, on passe de "a" à "d" .

travail du c dans le cahier n°3 de maternelle

Et ainsi, geste par geste, l'enfant apprend à produire toutes les lettres et les travaille immédiatement en lien avec celles qu'il connaît déjà pour produire des mots. Outre la progressivité dans la découverte des lettres, la méthode possède l'énorme avantage, à mon sens, qu'on apprend directement à l'enfant à écrire et non pas à tracer des lettres.

Ce que nous constations à l'école, c'est qu'un bon nombre d'enfants "dessinaient" les lettres au sens où ils essayaient d'obtenir un très beau tracé et le faisaient dans un geste qui n'était pas toujours coulant. Comme l'apprentissage proposait longuement de s'exercer à reproduire les lettres seules, les enfants pouvaient se satisfaire d'une mouvement peu "coulant". Ils avaient ensuite beaucoup de mal lorsqu'il s'agissait d'écrire un mot car les lettres s'enchaînaient mal dans leur geste teilles juxtaposaient des lettres individuelles plutôt que de produire un tracé lié.

Sur cet exemple, on voit bien que Clémence avait posé les lettres les unes à côté des autres en les faisant se toucher. L'écriture n'est pas encore "cursive" mais juxtaposée.

Même si nous essayions d'expliquer comment lier les lettres et comment lever le crayon devant un certain nombre de lettres, cela ne marchait pas aussi bien qu'avec la méthode proposée par Danièle Dumont où tout devient plus simple. L'enchaînement des lettres y est effet proposé immédiatement et la spécificité des lettres rondes enseigné explicitement aux enfants.

Ainsi, tout en gardant notre progression Montessori, nous avons essayé de l'enrichir des propositions de Danièle Dumont. Le cahier 3 de maternelle a été particulièrement utile pour faire progresser des enfants de 3-6, de CP ou même un peu plus grands mais qui avaient encore besoin d'écrire un peu gros (l'interligne est de 3 mm) dans ce cahier. Le cahier de CP a été proposé en 6-12 à des enfants dont l'écriture était déjà plus normée, comme remédiation ou aide pour terminer l'apprentissage et les résultats ont été très intéressants.

Pauline et H. ont beaucoup utilisé le cahier 3 de maternelle en 6-12 ans après tout un travail préparatoire

Nous n'avons malheureusement pas eu le temps d'aller au bout de notre expérimentation au sein de l'école car elle a dû fermer. Mais le peu que nous avons fait a suffi à me convaincre que c'est dans ce sens qu'il nous faut aller si nous voulons aider les enfants à développer une belle écriture dès le départ.

Si vous prenez la peine de lire "Le geste d'écriture", vous serez frappés de voir la cohérence de son propos avec les principes montessoriens: l'importance du plaisir pris par l'enfant, le fait de ne pas lui demander plus qu'il n'est capable de faire, de donner du sens à ce que l'on fait, de travailler en variant les situations sensorielles...
Mon article déjà très long ne dit qu'une infime partie de tout ce qu'on peut mettre en place pour arriver à la boucle et de tant d'autres choses importantes. Je ne peux que vous inciter à vous reporter à ce livre et à vous saisir d'un bon nombre de ses propositions pour les ajouter à ce que propose Montessori.

Si vous avez déjà intégré certains des pratiques de Danièle Dumont dans votre progression, je vous invite à venir partager ici ce que vous faites, à la maison ou dans vos classes afin d'enrichir cet exposé de vos expériences concrètes.




20 commentaires:

  1. Ici, j'ai fait exactement comme toi... Clémence m'a parlé de Danièle Dumont et j'ai tout de suite adhéré à ses propositions !
    Donc je vais prendre le temps de savourer (encore une fois) cet article pour bien m'en imprégner !

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  2. Je ne fais jamais celà mais je viens de courir à la librairie pour passer commande du livre et des 3 premiers cahiers et celui sur la tenue du crayon ! C'est bien parce que je vous fais confiance ... (dans vos écrits je reconnais bien le climat de la formation, lorsque vous parlez de certaines difficultés j'y retrouve bien ma grande et mes interrogations face à elle et donc votre regard sur tous les enfants que vous avez suivi m'aide à avancer, en complément des appels à Catherine).
    Et comme ma grande tient son crayon à 4 doigts (comme moi), que le petit aussi. Que ma grande pour le moment ne veut pas faire de calligraphie au tableau (j'insiste donc sur les dictées muettes !) je vais pouvoir potasser tout celà et prendre le taureau par les cornes !
    Merci cet article tombe donc à point pour moi.
    Servane

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    1. Ravie que cet article puisse nourrir votre réflexion.
      Je pense que le livre de Danièle Dumont contient suffisamment de propositions ludiques pour aider à reprendre de bonnes habitudes de tenue du crayon chez les jeunes enfants. Avec des plus de 6 ans, j'ai testé en explicitant les choses et en parlant du plaisir d'écrire une fois qu'on a réussi à imprimer la bonne tenue et le bon geste et cela a marché également, même si c'est parfois un peu long quand les habitudes ont été prises depuis longtemps.
      Ce matin, une personne m'a parlé d'enfants grands qu'elle connaît et qui ont eux aussi repris l'écriture avec les cahiers de maternelle et un résultat vraiment bluffant.
      Je pense qu'il ne faut pas se précipiter sur le cahier de CP qui peut paraître un peu aride et difficile quand un enfant même déjà un peu grand a un vécu compliqué avec l'écriture. Il est parfait pour ceux qui ont déjà travaillé les cahiers de maternelle (ou au moins le 3ème).
      N'hésitez pas à revenir ici partager votre expérience.

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  3. Merci pour cet article très intéressant !
    J'avais hésité à acheter les cahiers, ma décision est prise :-)

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    1. Pensez-vous que les cahiers 1 et 2 soient utiles si on insère cette méthode dans la progression Montessori (IEF) ? ou passer directement au 3 suffit ? (elle commence à écrire sur ardoise verticale)

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  4. Le cahier 1 peut donner des idées d'activités à faire, mais je ne le pense pas très utile en Montessori et je pense que le cahier d'activités s'accorde mal avec l'esprit Montessori.
    Le cahier 2, en revanche peut s'avérer intéressant quand les enfants démarrent les lettres. L'avantage c'est le travail sur feuille non lignée. Nous l'avons utilisé un peu à l'école mais, si mes souvenirs sont bons, c'est dans celui-là qu'elle propose les lettres "bâtons" pour faire écrire les enfants de manière temporaire (à moins que ce ne soit dans le 1, je suis désolée je n'ai plus les cahiers 1 et 2 sous a main...), donc, cette partie là est à bannir totalement dans notre progression.
    Je dirai que le cahier 3 est vraiment indispensable et même génial, le cahier 2 est une entrée douce dans l'écriture qu'on peut utiliser de manière plus ponctuelle.

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    1. Merci pour votre réponse.
      Le cahier 3 est bien celui intitulé "l'écriture courante" ?

      Avez-vous utilisé le livret de remédiation ?

      Je cherche quelque chose pour ma fille de bientôt 7 ans (niveau CE1), qui forme plutôt bien ses lettres mais tient mal son crayon (et le serre très fort). Est-ce que le cahier 1 de CP pourrait l'aider ?

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    2. Oui le cahier 3 est bien celui intitulé "l'écriture courante".

      J'ai utilisé le cahier de remédiait avec des enfants de niveau CE2. Pour des enfants plus jeunes, je suis plutôt repartie sur le livret CP en expliquant bien pourquoi on reprenait un cahier sur lequel était écrit "CP".
      Avec un enfant de 7 ans qui forme de jolies lettres, c'est important d'avoir une discussion sur le confort qu'on doit avoir en écrivant, l'importance de pouvoir écrire rapidement sans effort et en gardant le même soin dans les lettres. j'avais pris le temps d'expliquer aux enfants que pour arriver à cela, il est très important d'avoir une bonne position, une bonne tenue du crayon et de savoir comment former les lettres et où lever le crayon. Il faut alors présenter le cahier de CP comme un outil pour s'aider à prendre les bonnes habitudes qui permettront d'atteindre de la vitesse et du confort dans l'écriture.

      Si l'enfant ne ressent pas de gêne en écrivant alors qu'il est manifeste que sa position va finir par le gêner quand il devra accélérer son rythme, je trouve important de lui expliquer que pour l'instant, tout va bien mais qu'il risque de ressentir de fortes douleurs par la suite et que plus on prend tôt la bonne position, plus c'est facile.

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    3. Bonjour, je vous remercie pour cet article. Enseignante depuis peu, je m'étais intéressée au geste d'écriture de Danièle Dumont et en même temps j'avais acheté la cahier n°1...et votre commentaire me rassure parce-qu'en fait, je n'ai pas du tout accroché avec ce premier cahier que je trouvais vraiment sans lien avec la pédagogie Montessori...du coup j'avais abandonné l'idée...je vais utiliser votre article pour m'y repencher l'année prochaine!

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  5. Bonsoir,
    Merci pour cet article très intéressant !
    Vous parlez de cahiers 1,2,3 et cp... pouvez-vous me préciser de quoi s'agit il exactement?
    Merci d'avance.

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    1. Bonjour,
      Il s'agit des cahiers d'écriture pour les élèves édités aux éditions Hatier.
      ll existe 3 petits cahiers pour les maternelles. Il y en a maintenant d'autres, thématiques, sur le Loup, le cirque... mais je me réfère à ceux qui sont sortis depuis longtemps et que vous pouvez voir ici pour le 1 (http://www.editions-hatier.fr/livre/les-cahiers-decriture-maternelle-ed-2011-cahier-1-gestion-espace-lateralite-tenue-de-crayon), là pour le 2 ( http://www.editions-hatier.fr/livre/les-cahiers-decriture-maternelle-ed-2011-cahier-2-les-formes-de-base ) et là pour le 3 ( http://www.editions-hatier.fr/livre/les-cahiers-decriture-maternelle-ed-2011-cahier-3-lecriture-courante ).
      Il existe aussi un cahier pour le CP ( http://www.editions-hatier.fr/livre/les-cahiers-decriture-cp-no1-apprentissage) ainsi qu'une série d'autres que vous pouvez voir sur le site de chez Hatier (http://www.editions-hatier.fr/auteur/daniele-dumont)

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  6. Bonjour,
    J'ai lu votre article avec un grand intérêt. C'est toujours agréable de lire que son travail est apprécié :) Puis-je me permettre d'apporter quelques précisions, éclaircissements ou ajustements ? Je vais tâcher de le faire de façon synthétique plutôt qu'en citant des passages de l'article.
    L'écriture, produit fini, se manifeste dans une forme. Pour cela elle doit avoir, comme toute matière, des caractéristiques spatiales (tenue de ligne, horizontalité de la ligne, dimensions etc.). Ces mêmes caractéristiques existent en dehors de l'écriture. On peut donc préparer l'enfant à les respecter dans l'écriture en faisant des activités autres que l'écriture. C'est ce que j'appelle la gestion statique de l'espace graphique car le résultat obtenu est indépendant du geste fait.
    A côté de la gestion statique de l'espace graphique existe la gestion dynamique de l'espace graphique. C'est elle qui prépare la forme. Les activités de gestion dynamique de l'espace graphique ne sont pas hiérarchiquement interchangeables : elles commencent obligatoirement par le relai de hockey (plus efficace de le jeu de croquet que je préconisais dans le passé). Les foulards ou rubans viennent après seulement. Commencer par les foulards ou les rubans ne présente aucune intérêt car cela ne fixe ni le lieu d'attaque ni le sens de rotation.
    Je voudrais aussi attirer l'attention sur la différence intrinsèque entre les cahiers 1, 2 et 3 - qui s'utilisent comme un témoignage de la progression de l'enfant - et les cahiers thématiques : Le cirque et Le loup. Ces derniers ne remplacent pas les précédents. S'ils font travailler les mêmes compétences, ils le font sur un mode différent : ce sont, à ma connaissance, les seuls cahiers qui mettent en oeuvre la différenciation. En effet, alors que tous les enfants en seront à la même page, chaque enfant travaillera sur cette page-là les compétences qui lui permettront de progresser.
    Une dernière chose : je ne suis pas graphothérapeute. Je connais bien la graphothérapie (de même que la graphologie et la graphométrie - et l'espertise) mais la rééducation que je pratique est tout autre. Elle est fondée sur la compréhension de l'ensemble des mécanismes qui interviennent dans la mise en oeuvre de ce que j'appelle le geste d'écriture.D'où son efficacité. Je l'ai créée grâce à l'ensemble de la recherche que j'ai menée sur l'écriture (en commençant par la restructuration de l'observation de l'écriture utilisée par les graphologues). Les graphothérapeutes ne disposent pas de cet outil.
    Je vous souhaite une bonne continuation.

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    1. Bonjour,
      Un grand merci d'avoir pris le temps de passer sur ce blog et d'avoir apporté ces précisions.
      Je pensais en effet que vous étiez graphothérapeute en lisant les témoignages que vous rapportiez de ré-éducation de l'écriture. J'avais bien cerné que votre ré-éducation était d'un ordre différent de ce qui est habituellement pratiqué. C'est intéressant de savoir que les graphothérapeutes ne disposent pas de votre outil. Y a-t-il néanmoins des praticiens formés à votre méthode auxquels on puisse faire confiance? (je sais que malheureusement un certain nombre de personnes se réclament de vous sans aucun titre...)
      Concernant le cahiers, je ne me réfère pour ma part qu'aux cahiers 1,2,3 car nous avons une manière de travailler très différente en classe Montessori. Le travail y est constamment individualisé (la classe regroupe des enfants de 3 à 6 ans qui travaillent à leur rythme) et les productions de groupe rares. Les cahiers thématiques y trouveront moins leur place, à mon sens, mais les enseignants peuvent y puiser des idées intéressantes d'activités graphiques à proposer.
      Concernant la gestion dynamique de l'espace, il est évident que le jeu de hockey est un excellent moyen d'encoder le geste de la boucle (à l'époque, à l'école, nous avions proposé le balayage des feuilles de la précédente version de votre ouvrage). Mais je voulais ajouter que dans les classe Montessori, nous avons d'autre moyens d'encoder le sens de la boucle puisque toutes nos activités de vie pratique sont montrées dans le sens de l'écriture (et un certain nombre d'entre elles proposent des boucles) et que nous avons également le passage par les lettres rugueuses qui permet de renforcer ce sens très efficacement. De fait, avant même l'utilisation de votre méthode, nous n'avions pas de difficulté particulière avec le sens de la boucle, mais plutôt dans la fluidité du geste avec le crayon, chose qui a été bien améliorée en mettant en pratique votre méthode sur d'autres aspects.
      Encore une fois, un grand merci pour votre passage ici et pour tout ce que vous faites pour rendre l'écriture facile à nos enfants.

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    2. Sandrine Guyet10 mars 2017 à 15:09

      Le métier de graphothérapeute a beaucoup évolué, tout comme la connaissance des troubles des apprentissages. Entre pédagogie, rééducation, thérapie ... beaucoup de monde gravite autour de l'écriture et des difficultés d'écriture. Pour clarifier ce qu'est réellement le métier de graphothérapeute, rien de mieux que de lire ce qu'en disent les orthophonistes, avec qui nous travaillons quotidiennement :
      http://en.calameo.com/read/0045252819f3ab55d2169
      Bonne lecture.

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  7. Les graphothérapeutes ont aussi une connaissance de l'ensemble des mécanismes impliqués dans l'écriture, heureusement, à laquelle s'ajoute une connaissance des troubles des apprentissages (dys, tdah, ou même précocité -qui n'est pas un trouble en soi mais une particularité-, etc.) qui impactent sur le geste d'écriture et nécessitent une prise en charge particulière. :)

    La graphologie n'a, par contre, aucun rapport avec tout ça et l'énoncer systématiquement quand on parle de graphothérapie, entretient la confusion des gens. On peut parfaitement être graphothérapeute et rééduquer l'écriture (terme qui n'a d'ailleurs pas de sens, on rééduque plutôt le geste d'écriture) sans être graphologue. :) Personnellement je n'y connais rien en graphologie!

    Graphothérapie, rééducation de l'écriture... Notre but est le même, nos techniques ne sont pas figées et évoluent au fil du temps, au gré de nos lectures, de nos formations personnelles, de notre expérience...

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  8. Bonjour,
    Je veux me procurer l'ouvrage de Madame Dumont, mais d’après différent blog c'est un livre un peu "rude à comprendre". Donc j'aimerais savoir s'il est possible d’utiliser les cahiers sans lire les travaux de Madame Dumont Danièle? Ma fille qui a bientôt 5 ans sait parfaitement lire mais est très en retard dans le graphisme et le geste d'écriture (elle a un très grand retard de croissance bientôt 5 ans mais elle en fait 3). Que me suggérez vous de faire avec ma fille pour la faire entrer dans l'écrit?
    Merci pour vos réponses et désolée pour ce long message.

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    1. Bonjour,
      Le livre ne m'a pas paru très difficile à comprendre et la dernière version est encore plus accessible. Il y a peut-être quelques passages qui vous paraitront un peu techniques mais ce n'est pas grave.
      Je pense que si vous ne passez que par les cahiers, ce sera difficile car il vous manquera beaucoup d'éléments qui sont bien expliqués dans le livre et pas du tout dans les cahiers de l'élève. Pour ma part, j'ai d'abord acheté les cahiers, mais je n'ai vraiment pu en profiter que lorsque j'ai lu le livre et que j'ai bien compris comment guider les enfants avec.
      Sinon, pour votre fille, n'oubliez pas de lui proposer beaucoup d'activités de type "vie pratique" pour délier sa main et la préparer à l'écriture. Lui donner des cahiers tant que sa main n'est pas prête ne pourra que la décourager.

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    2. Bonjour,
      Merci beaucoup d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.

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  9. Bonjour,

    Merci pour tous ces éclaircissements !
    Connaissez-vous un moyen de reprendre un enfant de 9 ans, qui a une belle écriture fluide mais qui bloque son coude contre ses côtes ? (position tout à fait bancale, et qui amène une certaine lenteur d'écriture et une fatigue accrue).
    Les enseignants ne s'en préoccupent pas, et mon fils refuse mes interventions -trop critiques à son goût. Je me suis dit qu'il finirait par redresser sa posture, mais au contraire il a tendance à s'affaisser encore plus. Si vous avez une idée pour inverser la tendance, je suis preneuse !

    -une maman un peu dépassée.

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    1. Bonjour,
      A cet âge, expliquer à l'enfant la bonne position et son intérêt devrait suffire. Mais il me semble que ce qui se joue pour votre fils, c'est d'abord sa confiance en lui. Et cela l'empêche de vous écouter pour l'instant.
      Avant de lui donner des conseils, lui avez-vous demandé comment il se sentait avec l'écriture? Comment il percevait l'exercice (l'acte d'écrire, pas le résultat de son écriture, qui est apparemment très beau): facile, difficile, agréable, désagréable?
      Il est important de faire passer le message que l'acte d'écrire devrait être un mouvement qui ne provoque pas de douleur, de tension ou de fatigue et que s'il le perçoit ainsi, alors il peut agir pour que cela change.

      Important également d'évoquer le fait que ce ne soit pas étonnant qu'il se sente mal avec l'écriture et qu'il y ait quelque chose à changer parce que les enseignants n'ont en général pas les informations suffisantes pour s'occuper du geste d'écriture et qu'ils regardent juste le résultat (en l'occurrence très jolie).
      L'idée est de mettre en confiance votre fils pour qu'il puisse entendre vos conseils. Il ne doit pas ressentir comme une fatalité qu'écrire est difficile et il ne doit pas se sentir en échec s'il n'arrive pas déjà à écrire bien sans fatigue. Ce n'est pas de sa faute, il n'a pas "loupé" un apprentissage puisque, en règle générale, il n'y a pas d'apprentissage spécifique du geste d'écriture en classe.
      Partant du principe qu'il n'y a pas de "faute", il pourra sûrement plus facilement vous écouter. Actuellement, il prend sans doute vos conseils pour de la "remédiation", du "soutien". Ceux qui ont besoin de soutien sont ceux qui se trompent, or les enfants français ont beaucoup de mal avec l'erreur qu'ils vivent comme un échec. Il y a donc lieu de dédramatiser avant de conseiller.
      J'espère que je suis claire...
      Bon courage avec votre fils et n'hésitez pas à revenir soit pour poser une question, soit pour nous dire comment cela a évolué pour lui.

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